Mercredi 13 février 2008
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Municipales . La Convergence, qui réunit leurs défenseurs, interpelle les candidats aux élections pour s’opposer à la logique destructrice du tout-marché.
Le gouvernement annonçait, hier, à Vaulx-en-Velin (Rhône), son plan banlieue. Mais beaucoup craignent que, derrière les effets d’annonce sur la DSU, l’école, l’emploi, ou encore
la décentralisation de la gestion des fonds d’État aux communes, le service public continue d’être sacrifié sur l’autel de la réduction des dépenses publiques et des privatisations. Pour ses
défenseurs, réunis dans la Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics, le contexte national est en effet celui d’une « nouvelle attaque de
grande ampleur contre la fonction publique, son rôle et son statut, et d’une poursuite déterminée de la politique gouvernementale visant à réduire l’influence et l’efficacité sociales de toutes
les entreprises et services publics ».
L’asphyxie menace les finances locales
Le gouvernement Fillon joue avec les cordons de la bourse pour faire des collectivités les auxiliaires forcés de sa politique. L’asphyxie qui menace les finances locales, avec la disparition
programmée de la taxe professionnelle, principale recette dynamique des collectivités, fait craindre la privatisation progressive ou la disparition de tous les services publics locaux. Une
logique que refuse Convergence, qui ouvre aux citoyens des « cahiers d’exigence de services publics » à l’occasion des élections municipales et cantonales. Articulée à une « charte
des services publics dans les collectivités », cette campagne se veut « en prise avec les luttes actuelles », souligne Bernard Defaix, président de Convergence. « La
problématique du service public est partout au coeur des luttes, on le voit avec les mobilisations contre les franchises médicales, la réforme de la carte judiciaire, la journée d’action dans les
secteurs publics de l’énergie et des transports et celle dans la fonction publique, note Bernard Defaix. Il faut que cela puisse s’exprimer dans la bataille électorale, d’autant que l’UMP a
annoncé sa volonté de politiser ses enjeux pour conforter les positions du libéralisme ». Il s’agira de solliciter localement les candidats pour qu’ils s’engagent en faveur du service public
dans leurs collectivités.
Conserver la maîtrise de la gestion
Il s’agira pour l’élu de promouvoir le service public dans l’opinion, de faire le choix du service public dans le cadre de leurs compétences légales, d’agir pour la présence avec les moyens
nécessaires pour répondre aux besoins des services publics d’État et des entreprises publiques à l’échelon local, et pour que les collectivités conservent la maîtrise de la gestion de leurs
services.
Le 17 janvier, à Paris, les collectifs et les structures syndicales, politiques, et associatives partenaires de Convergence (FSU, CGT, Solidaires, PCF, ANECR, MRC, LCR, ATTAC, UNRPA, coordination
des hôpitaux de proximité, etc.) se sont réunis pour donner le coup d’envoi. Cette campagne sera conduite dans le maximum d’endroits, sur les thèmes que les collectifs locaux décideront de mettre
en avant, indique Bernard Defaix, la Convergence estimant que le service public est un choix de société et ne se hiérarchise pas. Mais certains domaines devraient inévitablement cristalliser les
débats dans les villes et les départements, confrontés à des enjeux aigus dans les transports, l’eau, la petite enfance ou encore l’environnement. Les états généraux des services publics de Paris
et de l’Île-de-France, organisés à la Bourse du travail de la capitale, le 16 février prochain, seront l’un des temps forts de cette campagne.
Article paru
le 23 janvier 2008